Angoulême: "le petit chose" et la tentation de l'arrogance bling-bling

Publié le par ADC

Philippe Lavaud et son équipe dirigent la ville depuis maintenant neuf mois. Un premier tour d'horizon s'impose. L'exercice n'est pas si facile. Quelle décision phare ou projet porteur pour la commune peut-on retenir ? La mini plage cachée dans la cour du château, pâle imitation de celle des quais de Seine (était ce comme cela qu'il fallait entendre la promesse d'une piscine de proximité dès les 6 premiers mois de mandat... soit pour le 16 septembre 2008 ?)? La réfection du bureau du maire pour la somme de 4000 euros par la maison MG (étonnant alors que la rénovation de la façade de l'Hôtel de Ville est repoussé à plus tard...)? Cachez ces maîtres, Ségolène et Bertrand, que je ne saurais voir...


Autre fantôme de la mairie : Jean-Michel Boucheron. L'homme qui a donné une notoriété certaine à la ville : plus médiatique que le salon de la bande dessinée, son déficit. S'il n'est pas lui-même directement revenu à la mairie, sa femme de confiance, Mme Lavoix, a pris la direction du cabinet du maire. Rien d'anodin... Des anciens reviennent. D'autres partent. Ceux qui sont soupçonnés d'une trop grande allégeance à Philippe Mottet sont priés de quitter le château. Ainsi le responsable des services techniques qui n'a pas démérité pour fleurir la ville ou pour organiser chaque année le circuit des remparts, est mis en retraite anticipée. Il continuera à percevoir son salaire et une cotisation sera versée au centre national de la fonction publique territoriale. Argent dépensé légalement mais inutilement...  


Notre argent, votre argent. Ces premiers mois peuvent être résumés par quelques chiffres. On retiendra la somme de 363 000 euros affectée aux dépenses de personnel pour financer notamment des postes qui auraient été inscrits au budget mais qui n'auraient pas été pourvus. Ce décalage n'est pourtant pas inquiétant. Il avait déjà été signalé par la chambre régionale des comptes lors du contrôle de la gestion municipale pour la période 1997-2001. Cette modification budgétaire représente environ une hausse de 1% des dépenses relatives au personnel... S'il serait dangereux de ne rechercher des économies que sur les dépenses de personnel, il est aussi possible de ne pas remplacer certains départs à la retraite ... c'est même le propre d'une bonne gestion que de garder une marge de manœuvre pour réagir aux besoins nouveaux.

Autre décision ayant un coût budgétaire au moins symbolique : l'affectation d'une somme de 25 000 euros pour la formation des élus (délibération du 29 avril). Ce droit à la formation est reconnu par la loi et il est souvent utilisé avec trop de parcimonie par les élus. Pour autant était-il nécessaire d'y consacrer une telle somme ? Le directeur des services ou un fonctionnaire des services juridiques de la mairie n'aurait-il pas pu assurer une partie de la formation initiale des nouveaux élus ? Il nous tarde, lors du vote du compte administratif, de connaître comment cette somme a été utilisée.


Comment ne pas braquer également les objectifs sur la politique de communication du nouveau maire. Chacun aura pu relever cette phrase rapportée par la Charente libre le 16 septembre dernier : « Le bureau du maire, c'est l'image d'une ville. » Dire que le candidat Lavaud se plaisait à se présenter comme "le petit chose"! Encore une fois, l'image de la Ville est aussi dans les façades d'une mairie qui est aujourd'hui bien en peine d'être à la hauteur de son histoire. Nous pourrons retenir ce choix symbolique : « mon bureau plutôt que la maison commune et le patrimoine ».


Enfin après ces quelques mois nous pouvons nous demander si le premier magistrat de la ville n'est pas plutôt un procureur. Avez-vous remarqué cette tendance naturelle à dégainer l'accusation plus vite que son ombre ? Les voitures qui brûlent à Basseau, c'est de la faute de l'équipe de Philippe Mottet. Le désengagement dans le financement de la ligne LGV, c'est la faute de l'Etat qui pourrait apporter une aide plus conséquente. Alors à qui sera imputée la prochaine hausse des impôts locaux ? A Sarko, à Ségo, à Riffaud ou tout simplement à Lavaud ?

Au delà des gadgets, il est temps d'ouvrir des perspectives. La gestion d'une ville ne se limite pas au confort de M. le Maire!

Publié dans Vu d'Angoulême

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