Bulletin municipal : de la com à la cohérence

Publié le par ADC

Dans le premier bulletin municipal de son ère, le maire d’Angoulême affirmait que son action  serait guidée par trois principes : la cohérence, la proximité et la transparence. Deux exemples tirés de ces premiers bulletins nous amènent à nous interroger sur sa conception de la cohérence.

 

En juin 2008, il faisait part de son souhait de créer une rubrique « courrier des lecteurs ». Il déclarait « Parlons ensemble dans notre journal. Ecrivez-moi, ouvrons le débat. A vous de jouer ». Nous avons eu beau chercher, nous n’avons pas trouvé cette rubrique dans les bulletins suivants. Nous avons seulement trouvé un courrier dans le journal d’octobre 2008 au sujet de la propreté de la ville.

 

Faut-il en conclure que les Angoumoisins n’ont rien à dire au Maire et à son équipe tellement le fonctionnement de la ville est irréprochable ? Ou alors leurs lettres soulèvent-elles de véritables problèmes que le maire ne souhaite pas rendre publics ? Ainsi nous doutons qu’aucun parent d’élèves n’ait adressé de courrier pour faire part de son mécontentement sur le refus de mettre en place le service minimum d’accueil dans les écoles. Nous nous étonnons que les courriers électroniques adressés par notre association sur les conseils de quartier ou sur le budget 2009 n’aient pas été publiés. Peut-être qu’ils ne correspondaient pas au type de débat auquel le maire appelait. Nous ne sommes pas découragés et nous continuerons à « jouer ». Nous invitons les Angoumoisins à le faire également.  

 

Autre exemple. En novembre 2008, le bulletin municipal consacre un peu plus d’une page aux Gastronomades. La présentation est très positive : « Les Gastronomades s’imposent plus que jamais comme l’événement de fin d’année angoumoisin. » L’adjoint en charge de l’économie, de l’emploi et du développement territorial ajoute : « la subvention de la ville aux Gastronomades est de 120 000 €. Ce qui est réinjecté dans l’économie angoumoisine est de l’ordre de 200 000 €. Les hôtels et restaurants sont les premiers bénéficiaires, mais suivent tout ceux qui travaillent pendant le festival, les intermittents, tous les jeunes en formation, en apprentissage. En outre, sur la durée du festival, nous ne faisons fonctionner que des entreprises locales : imprimerie, graphisme, images et sons, gardiennage, comptabilité, etc. Les commerçants sont également très satisfaits de l’animation et de la circulation que cela amène en ville pour les petits achats. »

 

Une telle présentation de cet évènement ne pouvait pas laisser envisager que, six mois plus tard, dans le cadre du budget 2009, la subvention serait diminuée de 60 000 euros. Il convenait peut-être d’avoir une autre interprétation des lignes précédemment citées et déduire des propos sur les conséquences économiques de la manifestation une annonce implicite de la baisse de la subvention. Cette hypothèse ne paraît pourtant pas correspondre au critère de cohérence qui tient à cœur au maire.

 

Ainsi une nouvelle méthode politique se fait jour : les encouragements publics de la municipalité sont inversement proportionnels à l’évolution de la subvention. Si l’on transpose ce raisonnement aux clubs sportifs qui pour la plupart ont vu leur subvention diminuer, il conviendrait d’en conclure par exemple que le SCA rugby et l’ACFC jouent actuellement pour retrouver l’élite de leurs domaines respectifs. Or chacun sait qu’il n’en est rien.

 

L’exploration de la cohérence va plus loin. Alors que la diminution des subventions à ces mêmes clubs sportifs est justifiée par la volonté d’éviter que la ville se retrouve dans une situation semblable à celle qu’elle connaît pour l’ex- ASAC (200 000 euros à payer pour avoir comblé le passif du club), il semble que la même logique ne s’applique pas pour les centres sociaux. Ainsi le centre de Basseau qui présente un déficit cette année a vu sa subvention augmenter. Comprenne qui pourra.

 

Au final nous espérons que les Angoumoisins pourront déceler davantage de cohérence dans les prochains bulletins municipaux. Même si nous souhaiterions que la venue d’un berger et de son troupeau de moutons au Jardin vert ne soit qu’un coup de com sans lendemain ou une provision carnée pour les prochaines Gastronomades…

Publié dans Vu d'Angoulême

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