Bilan social : alerte !

Publié le par Antoine Marmier

 

 

Quel contraste entre le bilan d’autosatisfaction dressé par le maire le mois dernier et le bilan social 2009 de la ville ! Les chiffres communiqués dans la presse (CL du 5 mai : http://blog.charentelibre.com/journal/index.php?post/2010/05/05/5951-pauvrete-angouleme-dans-le-rouge) marquent une dégradation de la situation sociale des Angoumoisins. Presqu’un quart des foyers vivent sous le seuil des bas revenus (903 euros) ; 48,83% des enfants déjeunant dans les cantines bénéficient de tarifs sociaux (contre 45% l’an dernier) et le taux de chômage augmente fortement se concentrant sur certains quartiers.

 

Les plus optimistes imputeront ces chiffres à la crise. Pourtant la tendance à la paupérisation et à la ghettoïsation n’est pas nouvelle. L’analyse présentée par la présidente du CCAS reste la même que l’année dernière : la pauvreté se concentre en ville car on y bénéficie plus facilement de logements sociaux, de moyens de transport et de services publics. Le même constat pourra sans doute être fait l’année prochaine sans que rien ne change.

 

Il est temps de prendre conscience de l’ampleur de la situation ce qui ne semble pas être véritablement le cas du maire et de son équipe qui se contentent pour le moment de suivre les projets initiés par l’Etat : atelier santé ville, plan de réussite éducative, opération de renouvellement urbain. L’Etat a l’initiative … il ne faut pas oublier de le souligner.

 

La politique municipale repose essentiellement sur la prévention et l’accompagnement de la précarité. C’est un aspect incontournable. Encore faut-il que ces mesures soient à la hauteur. Alors que la situation se dégrade, on en est toujours au goûter (8 écoles en 2009-2010 contre 4 en 2008-2009 : quel progrès !), au pass culture et à l’école des sports. On attendait mieux de la part d’une équipe qui prétendait avoir le monopole de l’action sociale. 

 

On apprend également dans l’article qu’une personne sera missionnée pour aller sur le marché repérer les personnes en difficulté qui n’osent pas se rendre au CCAS. Vous avez bien lu. Qui mieux que les habitants du quartier connaissent les personnes en difficulté ? Ne serait-il pas plus pertinent de favoriser la proximité - la même qui est censée guider l’action municipale- en passant par ces habitants, à travers par exemple les comités de quartier ?

 

La politique d’accompagnement ne peut pas suffire. La création d’emplois doit au sein du Grand Angoulême être l’objectif numéro un. Or quels sont les projets publics structurants qui vont créer des emplois pérennes dans les prochaines années à Angoulême : la médiathèque, le busway, la télé locale ?

 

C’est enfin un changement d’attitude et de stratégie qui s’impose. Les Angoumoisins n’attendent pas du maire qu’il se contente d’offrir quarante jobs municipaux chaque été pour les jeunes ou qu’il se cache derrière la répartition des compétences entre les différents intervenants. Ils veulent qu’il soit un véritable meneur et fédérateur dans ce domaine. En tant que maire de la ville et président du Grand Angoulême, il a la possibilité de réunir les différents acteurs du monde de l’emploi, de l’insertion et de l’action sociale pour établir un véritable plan d’actions. Pour le moment, il préfère convoquer les élus de l’opposition municipale. Chacun ses priorités.   

 

Au regard des chiffres communiqués, la lutte contre la pauvreté ne peut pas être une demie priorité. Au rythme où vont les prises de décision, on peut craindre que la pauvreté ait de beaux jours devant elle à Angoulême.

Publié dans Vu d'Angoulême

Commenter cet article