La grenouille, le bœuf et le busway...

Publié le par A. Marmier

 

 

Il n’y a pas une semaine sans que l’on apprenne l’engagement d’une dépense conséquente par le maire d’Angoulême. 160 000 euros pour quatre études concernant l’aménagement de quatre sites. Qui dit mieux ? Le président du Grand-Angoulême, Philippe Lavaud, avec 103 millions d’euros pour le busway ! 103 millions d’euros, c’est près de cinq Gourcuff sur un terrain de foot. Mais de même que 5 Gourcuff sur un terrain de foot n’ont pas un grand intérêt, on peut s’interroger sur la pertinence d’un Busway à 103 millions d’euros pour notre agglomération.

 

Philippe Lavaud souhaite s’inscrire dans la lignée de Jean-Louis Borloo et d’Alain Juppé, celle des élus entrepreneurs qui dans le courant des années 1990 ont donné un coût d’accélérateur au développement de leur ville. Ce n’est pas cette aspiration à ressembler à un autre élu qui fera accepter aux Angoumoisins ce projet, d’autant qu’entre le maître et l’élève, la différence est frappante.

 

Le financement du projet est en lui-même incertain. Le coût est passé en très peu de temps, moins de trois mois, de 45,8 millions d’euros à 103 millions. La faute de l’Etat ou de la crise sans doute. Le plan de financement est marqué par la même impréparation : 13 millions d’euros pourraient être pris en charge par l’Etat, qui ne se désengage pas tant que l’on le laisse penser, ou… par le Grand-Angoulême. Il faudra alors trouver une autre source de financement. Le désormais classique plan B ou plutôt plan I, comme impôts…

 

Que penser également du fait d’engager 103 millions d’euros d’investissements alors que le budget annuel d’investissement du Grand Angoulême en matière de transports est en 2010 de 2,8 millions d’euros ? C’est 50 fois plus ! Ce n’est pas les 7 millions d’euros rapportés en plus par la taxe transport qui vont affaiblir la comparaison.   

 

L’engagement de cette dépense se fait au surplus sans consultation des principaux intéressés, à savoir les usagers et les financeurs.

 

Les usagers sont censés avoir donné leur accord lors des élections municipales de mars 2008. Ils avaient également approuvé le programme des deux principales listes qui promettaient de ne pas augmenter les impôts… L’ampleur du projet retenu ne peut permettre de se satisfaire de ce soi disant accord. Ce n’est pas parce que le Grand-Angoulême est moins proche des citoyens que son président doit ne pas s’estimer tenu par les engagements qu’il a pris dans sa campagne électorale. S’il ne consulte pas les Angoumoisins sur ce projet, quel sujet trouvera grâce à ses yeux pour proposer un référendum local ?  

 

Quant aux financeurs, ils recevront une lettre (sic !) leur faisant part de la décision d’augmenter la taxe transport de près de 70% ! Le maire confirme ainsi, après plus de deux ans et demi de mandat, ses qualités en matière de dialogue social.

 

Face à cette attitude peu responsable, notre association compte bien réfléchir à une alternative à ce projet. Une alternative moins coûteuse financièrement, respectueuse de l’environnement et répondant aux besoins de notre agglomération en matière de déplacement.    

 

Angoulême n’est ni Valenciennes, ni Bordeaux. La Fontaine nous a enseigné qu’à force de vouloir se faire plus grosse que le bœuf, la grenouille explose. A méditer…

Publié dans Vu d'Angoulême

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