Le maire, bon gestionnaire ?

Publié le par A. Marmier

A l'occasion de la présentation des comptes 2009, lors du dernier conseil municipal, le maire a voulu se montrer rassurant sur sa capacité à gérer les finances de la ville. Il n'a pas pu s'empêcher également d' alterner l’autosatisfaction et les critiques à l’égard de l’Etat et de l’équipe précédente. Le maire a -t-il été en 2009 un bon gestionnaire ?  

 

Nous nous étonnons d'abord qu'il ose affirmer que « la ville ne vit pas au-dessus de ses moyens » alors qu’elle n’est pas parvenue à autofinancer son investissement cette année et que pour assurer, à l’avenir, le financement de ses missions, elle a eu recours à une forte augmentation de la taxe d’habitation ! 

 

La gestion financière du personnel communal serait maîtrisée. La preuve : les dépenses n’ont augmenté que de 2,6% et la mutualisation de certains services, notamment celui de la communication, a permis de réaliser des économies. Hausse de 2,6% alors que des économies sont censées avoir été réalisées. Il y a là un paradoxe difficile à saisir. 11 nouveaux emplois ont néanmoins été pourvus entre 2008 et 2009.

 

La mutualisation est-elle si efficace qu’elle a été présentée à ses débuts ? Un nouveau directeur des services doit arriver au 1er juillet (un an après avoir pris la décision de s’en passer !) et un nouvel agent doit être recruté pour renforcer le service communication cité quelques minutes plus tôt comme un exemple de mutualisation. Ce dernier recrutement en dit long sur les priorités politiques actuelles… On ne peut pas non plus ignorer les revendications syndicales en matière d’harmonisation des régimes indemnitaires entre la ville et l’agglo qui traduisent un manque de préparation de cette mutualisation et des dépenses à venir. Le dialogue social ne se révèle pas être le point fort du maire.

 

La gestion de la dette serait efficace car les emprunts inscrits au budget 2009 n’ont pas été réalisés. Le maire oublie de faire le lien entre différents éléments. Un emprunt était prévu dans le cadre des opérations ORU. Celles-ci ayant très peu avancé, un emprunt ne s’imposait pas. L’autre emprunt n’était pas plus justifié dès lors que les dépenses réelles d’équipement ont été réalisées à hauteur de 44,1% seulement (dépenses d’équipement inférieures à celles réalisées en 2008) et qu’il existait une recette exceptionnelle au titre du FCTVA. L’emprunt inscrit en 2009 a été reporté en grande partie au budget 2010. Bref rien ne signifiant une bonne gestion.

 

Bonne gestion également dans la hausse de la redevance d’occupation par les terrasses de café ? Les cafetiers ont eu droit au même tour de magie que les ménages. On fait croire à une redistribution par la création de trois tarifs différenciés mais moins d’une dizaine de cafés sont concernés par la baisse de la redevance. L’un des élus de la majorité municipale affirma que les cafetiers peuvent bien payer puisqu’ils bénéficient d’un taux de TVA allégé et qu’ils n’ont pas respecté leur engagement de baisser les prix. Argument qui mériterait d’être vérifié au niveau local (ainsi que celui de la création d’emploi).

 

Surtout, démonstration de la « logique économique » qui anime l’actuelle municipalité. Jusqu’à quel point peut-on raisonner selon le principe qu’il faut faire payer plus ceux qui ont de l’argent sans remettre en cause la cohésion locale ? Mieux vaudrait faire en sorte que le nombre de contribuables augmentent en créant de l’activité, ce qui limiterait par exemple le nombre de personnes exonérées de la taxe d’habitation en raison de la faiblesse de leurs ressources et ce qui attirerait des contribuables sur notre ville.

 

Le maire gestionnaire, certes. Bon gestionnaire et visionnaire, cela reste à prouver.  

Publié dans Vu d'Angoulême

Commenter cet article