Notre maire, ce héros ?

Publié le par Antoine Marmier

concombre

Les différentes initiatives annoncées par le maire ces derniers jours pourraient nous laisser penser qu’il est un modèle de vertu. Bref un héros.

 

Il démissionne de la présidence de l’organisme qui gère l’espace Carat (SEMAPEX) alors que son prédécesseur en avait gardé la présidence (pendant quelques semaines !) et que cela pouvait créer un conflit d’intérêt. Il lui a tout de même fallu plus de deux ans pour prendre conscience de ce problème. Le maire de nous annoncer également que cette même société pourrait être transformée en société publique locale, ce qui permet d’attribuer la gestion d’un service… sans mise en concurrence. Bref un héros qui arrive en retard et qui oublie assez rapidement son credo en faveur de la transparence.

 

Nous rappellerons au maire que d’autres sociétés d’économie mixte sont présidées par des élus exerçant des fonctions de vice-président au sein de l’agglo, comme la STGA ou la SEMEA. Mais puisque Philippe Mottet n’en a pas assuré la présidence, il n’y a pas de problème…

 

Ce souci de ne pas cumuler les fonctions ne l’a pas empêché de rester membre de Magelis jusqu’en juillet 2009 et conseiller général jusqu’en mars 2011 avant sans doute de se présenter aux législatives en juin 2012. Quant à la présidence de la SEM territoire Charente, il affirme la conserver parce qu’il est passionné par l’aménagement et qu’il ne voit pas de contradiction avec les fonctions de maire d’Angoulême. Comprenez, le héros fait ce qu’il veut !   

 

Il arrive ensuite à faire financer pour moitié le festival de la BD par le Grand Angoulême qui devra trouver environ 500 000 euros. On s’interroge sur la façon dont le Grand Angoulême va financer cette somme alors qu’à l’annonce de ce projet, certains élus de l’agglo ne trouvaient pas de solution et que nous entendons dire, depuis des mois, que la réforme de la taxe professionnelle va le pénaliser.

 

L’argent pousse-t-il à l’agglo comme les herbes folles à Angoulême ? Peut-être faut-il, plus sérieusement, compter sur une augmentation des impôts des ménages dont une partie sera transférée au Grand Angoulême à partir de 2011. Les contribuables des villes périphériques auront alors la joie de goûter aux charmes de la fiscalité angoumoisine. Le héros est partageur !

 

Son sens du partage étant sans commune mesure, il va en faire bénéficier les entreprises de l’agglo puisqu’il annonce, sans concertation avec les principales intéressées, vouloir fortement augmenter le taux de la taxe transport. Cette taxe étant calculée sur la masse salariale, le coût de la main d’œuvre va augmenter alors que nous avions cru comprendre que les entreprises locales étaient en difficulté.

 

Certains chiffres invitent pourtant à la prudence et à l’humilité comme le suggère le bilan financier 2009 de la ville d’Angoulême qui a été publié dans le dernier bulletin municipal. Ainsi l’encours de la dette par habitant est supérieur de 734 euros à l’encours moyen des villes de même taille, la pression fiscale est de 164% contre 89% en moyenne et les dépenses d’équipement sont inférieures de près de 100 euros par  habitant. La trilogie infernale : pression fiscale et endettement élevés qui nuisent à l’investissement.

 

Au final notre héros de maire nous fait plus penser au concombre masqué qu’à Zorro. C’est sans doute pour cette raison qu’il a décidé de renforcer son équipe de communicants. Alors, chers Angoumoisins, soyez plus vigilants que jamais !     

 

Publié dans Vu d'Angoulême

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