Ségolène Royal sait elle que nous sommes une terre d'agriculture et de Cognac?

Publié le par Vincent YOU

La question semble risible? et pourtant c'est bien celle qui vient à l'esprit lorsque l'on regarde certains choix de gestion du Conseil Régional.
En octobre dernier, une délibération avait notamment posé les principes à suivre pour le budget 2010 des établissements scolaires... on pouvait lire "décide de retenir le principe que, après prises en compte des réserves, les dotations de fonctionnement ne pourront être inférieures à 50% du montant attribué en 2009"...

cela peut sembler de la bonne gestion ?

sauf que cette logique binaire a une conséquence qui est aussi brutale qu'immédiate: si l'on cherche trop rapidement à rationner les établissements qui ont des réserves, on crée généralement deux types de problèmes:

1/ une incitation à consommer tous les crédits avant la fin du budget pour ne pas le voir diminuer en N+1...
2/ une fragilisation de ceux qui ont des réserves nécessaires.

C'est le problème d'une logique qui se veut gestionnaire mais qui est avant tout technocratique. On énonce des grands principes sans regarder sur quels terrains on se trouve.
On fait des grands discours sur "un euro dépensé doit être un euro utile", mais on est incapable de lever le nez du guidon et de parler à ceux qui sont sur le terrain...

que constate-t-on en l'occurence?

L'enseignement agricole de la Charente est frappé de plein fouet par cette politique aveugle.
On sait que les différents sites d'enseignement agricole de la Charente sont regroupés autour des lycées de Loisellerie ou de Barbezieux mais en un seul établissement public.

Un bel établissement qui propose une gamme de formations professionnelles, technologiques, scientifiques
et générales en lien avec l’agriculture et en phase avec ses besoins, ses évolutions, ses différentes facettes et ses priorités.

Le Conseil d'Administration de cet établissement a eu le privilège de voir l'étendue des dégats de cette nouvelle politique.
Il est en effet envisagé que la subvention du Conseil Régional au budget de ces deux lycées agricoles soit limitée à 50% du montant de 2009.
Si l'on regarde les chiffres,  qui intègrent d'autres soustractions, le budget entre 2009 et 2010 enregistrerait une perte de 194 262€...

Quelle est la logique de cette baisse astronomique? "les réserves sont trop importantes!"

Notre Présidente veut de la bonne gestion! sans quoi elle risque de se fâcher tout rouge comme avec son ancien vice-président aux finances Fountaine qui voulait poursuivre le débat...

Malheureusement, il est urgent que la raison prenne le pas sur la petite logique de court terme. Les réserves de ces lycées se sont des stocks, des eaux de vie en l'occurence! faut-il donc les vendre pour en faire des produits et combler la baisse de la subvention?

Madame Royal, nous sommes une terre d'agriculture... après tout il s'agit bien de  lycées agricoles, non?
nous sommes plus encore dans une terre d'eaux de vie, c'est même l'un de nos "pôles d'excellence rurale".
Dans une terre de Cognac, il est normal que nous ayons des stocks. Faut il vendre tous les stocks alors que le secret de notre production est notamment dans sa conservation de long terme?
Faut-il stopper cette expérience pédagogique si naturelle que d'évoquer les eaux de vie dans un lycée agricole de Charente?

Les parents d'élèves s'inquiétent car il savent pourquoi ils ont choisi cette formation pour leurs enfants. Peut-on envisager en Charente que les lycées agricole ne travaillent plus les produits du Cognac?
Le Conseil d'Administration du 27 novembre dernier a refusé de voter le budget proposé par la Région.

On peut  faire beaucoup de communication sur les Budgets Participatifs des Lycéens... commençons par respecter nos élèves et nos lycées, leurs attentes de qualité et leurs besoins de financement stables et sereins. Respectons pleinement les atouts de notre région.... la campagne présidentielle ne viendra qu'en 2012!





Commenter cet article