Y a-t-il un pilote dans le busway ?

Publié le par Antoine Marmier

 

On peut en douter à la lecture de l’interview accordée par le maire d’Angoulême, président du Grand-Angoulême, dans la Charente Libre de ce jour ! 

 

Si un aménagement du dispositif de transports publics paraît indispensable au sein de l’agglo, la présentation du projet de busway est peu convaincante. Hormis des références à ce qui se fait dans d’autres villes, la nécessité d’un busway pour notre agglomération laisse à désirer. Comment d’ailleurs assurer la promotion de ce nouveau moyen de transport avec la seule expression marquante « le busway, c’est une grosse omelette » ?

 

Le financement de ce projet laisse également songeur.

 

On apprend qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts car la communauté d’agglomération ne perçoit ni taxe foncière ni taxe d’habitation. Le conseiller général-maire-président a dû mal lire la réforme de la fiscalité locale car à partir de 2011, le Grand-Angoulême percevra la part de la taxe d’habitation du conseil général. Pour preuve la simulation réalisée par Bercy sur la réforme de la fiscalité locale. http://www.economie.gouv.fr/themes/politique_fiscale/tp-cet/xls/16DPT.xls. Une fois cette découverte enfin faite, faut-il s’attendre à une hausse de cet impôt dont la collectivité sera bien maître des taux ?

 

L’interview confirme également que le Président-maire a une conception très personnelle de l’économie et plus particulièrement de la compétitivité des entreprises. La taxe transport payée par les entreprises et calculée à partir de la masse salariale de celles-ci sera augmentée à son maximum, le taux passant de 1,05% à 1,8%, soit une hausse de plus de 70%. Aucune négociation avec lesdites entreprises ne semble envisagée malgré les demandes faites en ce sens…

 

Pour le Président maire on comprend bien qu’une telle discussion n’est pas utile dès lors que la réforme de la taxe professionnelle leur fera économiser 17,8 millions d’euros. Or cette réforme était justement prévue pour permettre aux entreprises d’être plus compétitives, de faciliter leurs investissements et non pour qu’un autre impôt ne vienne à nouveau les pénaliser.

 

Enfin on s’étonne que le projet soit lancé sans que le coût de fonctionnement ne soit connu. De nombreuses expériences d’équipements publics (piscines, salles de spectacle…) incitent pourtant à bien évaluer ce coût de fonctionnement qui s’avère, sur le long terme, décisif pour la santé financière des collectivités. Là le coût de fonctionnement ne sera étudié qu’à partir du mois d’octobre.  

 

Au regard de la présentation de ce projet il reste à espérer que les Angoumoisins et les habitants de l’agglomération pourront digérer sans trop de problème « la grosse omelette » !

 

Publié dans Vu d'Angoulême

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